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Le « plus » de Leader plus

La troisième version française de l’initiative européenne en faveur du développement rural, « Leader plus », s’est interrogée sur ses atouts dans le cadre de journées d’échanges entre Groupes d’action locaux (Gal) réunis à Vendôme mi-novembre.

Portant sur la période 2000/2006, la sélection européenne des 140 projets locaux français s’est clôt mi 2002. Certains projets n’ont donc guère plus de 6 mois à leur actif. Quant à la coordination européenne, censée fédérer et rendre visible les projets à l’échelle de l’Union, elle n’est pas encore nommée. Le programme s’échelonnera réellement jusqu’en 2008.
Par rapport aux programmes précédents, Leader I puis II, la principale nouveauté de « Leader plus » tient dans l’affichage d’un thème fédérateur à l’échelle locale : accueil de nouveaux acteurs, nouvelles technologies, cadre de vie, ressources naturelles et culturelles ou publiques cibles jeunes et femmes (les deux derniers items étant des singularités du programme français). De fait, il semble que ces thèmes « chapeaux » habillent le foisonnement d’initiatives, lesquelles pourraient s’inscrire dans l’un ou l’autre des items : accueillir des jeunes entrepreneurs hightech, ne nécessite-il pas un cadre de vie favorable ainsi qu’une offre culturelle attractive ?... La question de l’accueil semble cependant majeure comme l’ont témoigné les 29 Gal lors de la foire à l’installation en milieu rural (« Projets en campagne », TRI 240).
Plus concrète, la gestion décentralisée de l’enveloppe financière au niveau local sans l’intermédiaire des services d’État régionaux et départementaux facilite bien les choses et accroît la réactivité. Elle permet de financer des petits projets et de répondre vite aux besoins locaux. C’est une différence significative comparée aux procédures de gestion des politiques structurelles ou des programmes Equal (égalité des chances) par exemple. Malgré tout, les procédures restent tatillonnes et le Cnasea [1], instance de suivi, veille à chaque étape. Enfin, cette subsidiarité est légalement possible parce que les promoteurs des projets Leader sont des collectivités - pays, communautés de communes, Parc naturels régionaux... -. Exit donc les collectifs « novateurs » sans autre statut.
Troisième spécificité, la coopération inter-territoriale et transnationale, volet obligatoire des programmes européens, était censée devenir un point fort de cette troisième génération de programmes. Elle peine : les techniciens soulignent que rares sont les projets où ce volet est avancé et qu’ils hésitent à promouvoir ce qui souvent tient d’un voyage d’élus, d’un « mariage » sans chemin de vie en commun. Le sens et l’opérationnalité de ces échanges n’ont donc pas encore trouvé un cadre ad hoc, malgré une expérience déjà ancienne.

Chemin croisé avec les pays

Le programme Leader s’est depuis l’origine donné pour vocation d’être un laboratoire du développement rural intégré dans l’Union européenne. Sa logique ascendante a, de fait, pesé sur les orientations successives des politiques publiques. Ce qui l’amène, en France par exemple, à s’inscrire dans de nombreux contrats de pays. Lesquels ont connu un envol fin des années 1990/2002, sous l’impulsion du précédent gouvernement. Si Leader permet de cofinancer une kyrielle de projets, le développement local n’a toujours pas gagné en lisibilité. De même, l’instance de suivi local qui se compose à part égale de représentants publics et privés ne s’articule pas forcement avec les autres instances de participation, notamment les conseils de développement. Ce faisant, l’innovation, comme la dimension européenne, se dilue sans doute.

Pour en savoir plus : www.leaderplus.org


Catherine Donnars, Transrural Initiatives, n°250, 2 décembre 2003

[1] Centre national pour l’aménagement des structures des exploitations agricoles