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Les jardins collectifs font l’unanimité

« Mettre un peu de campagne dans les villes », tel est le premier objectif affiché du projet de loi dont le Sénat a débattu le 14 octobre.

Dans un registre plus classique, ce texte veut favoriser le développement des jardins collectifs en renforçant la protection juridique (en particulier les durées de location) des jardins familiaux. Il permettra aussi aux jardins d’insertion de bénéficier des avantages de ces derniers tout en continuant de pouvoir commercialiser leur production. Enfin, les collectivités locales (et non plus les seules Safer) bénéficieront désormais d’un droit de préemption pour permettre la création d’un jardin collectif.
Présenté par l’UMP Christian Cointat, ce texte a été soutenu par le socialiste Jean-Pierre Sueur, qui y a notamment vu une opportunité pour améliorer l’aspect des villes. Marie-Christine Blandin lui a également apporté l’approbation des Verts, persuadée que les associations qui encadrent les jardins collectifs continueront d’effectuer leur travail pédagogique (elle a rappelé que l’agriculture familiale utilise dix fois plus de polluants chimiques que l’agriculture industrielle…).

Trois types de jardins collectifs
Rapporteur de la commission des Affaires économiques, Hilaire Flandre a introduit le débat du Sénat en précisant qu’il existe trois types de « jardins collectifs ».
«  Les jardins familiaux sont une occupation régulière pour des milliers de personnes et de familles ; on estimait voici une dizaine d’années qu’ils représentaient 100 000 à 200 000 unités et recouvraient 2 500 à 5000 hectares. (…) La demande est très forte : on estime à deux mille le nombre de dossiers en attente en région parisienne.[Alors qu’ils visaient initialement à assurer une certaine autosubsistance alimentaire et (...) à prévenir les ravages de l’alocoolisme !] les jardins familiaux assurent aujourd’hui de nouvelles fonctions : relations entre personnes d’âge et d’origine différents, initiaition aux cycles naturels et à la protection de l’environnement, réhabiliation de quartiers négligés ou délaissés.
Depuis une vingtaine d’années sont apparus des jardins destinés à faciliter la réinsertion de personnes en difficulté sociale ou professionnelle. […] Reconnus et encadrés par la loi de lutte contre les exclusions du 29 juillet 1998, ces jardins dits « d’insertion » sont gérés par des associations telles les Jardins de la solidarité, les Jardins de cocagne ou les Restaurants du cœur.
Plus récemment est apparue une nouvelle catégorie de jardins en provenance de New York : les jardins partagés. Gérés collectivement par les habitants d’un quartier et largement ouverts au public, ces jardins servent moins à produire des fruits et légumes qu’à favoriser échanges et rencontres, éducation à l’environnement ou organisation d’activités culturelles. »


Alain Chanard, Transrural Initiatives, n°249, 18 novembre 2003.