Fin 2005, les 110 experts et praticiens de l’association négaWatt sortaient une nouvelle version de leur scénario de réorientation de la politique énergétique de la France - " Manifeste pour un avenir énergétique sobre, efficace et renouvelable ". Ils affinent les voies crédibles et opérationnelles pour tenir " l’objectif d’une division par quatre de nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 ".
« En 2050, la France du scénario negaWatt ne retourne pas à la bougie »
Pragmatique, l’approche entend éviter les pièges de l’incantation confinant souvent à la non décision, ou de la croyance en une " hypothétique " rupture technologique "… " conduisant tout autant au statu quo. Les scénarii proposés sont basés sur trois principes " complémentaires et indissociables " dont deux visent à maîtriser la demande d’énergie : contre " l’ébriété énergétique " la " sobriété [pour] réduire les gaspillages par des comportements rationnels et par des choix individuels et sociétaux " ; " l’efficacité énergétique [pour] réduire les pertes lors du fonctionnement et à l’exploitation [des systèmes mis en place] " ; utilisation maximale des " énergies renouvelables (…) bien réparties et décentralisées ".
" En 2050 la France du scénario négaWatt ne retourne pas à la bougie : elle double l’usage de l’électricité, tout en stabilisant sa consommation ", souligne négaWatt qui intègre dans ses prévisions des facteurs peu favorables à la diminution des besoins, tels que l’augmentation de la population et de l’urbanisation. La force du scénario " négaWatt " réside dans sa posture méthodologique : face au " scénario tendanciel ", le scénario négaWatt considère que la demande " n’est en rien exponentielle, comme le laisse croire les analyses productivistes ". Au contraire. La quantité de matières premières énergétiques non renouvelables consommées peut très largement diminuer : le potentiel d’économie serait de " 64% de la consommation tendancielle d’énergie primaire ! ". Pour enclencher cette révolution énergétique à portée de main, les " négaWatt " privilégient deux grands axes stratégiques : la décentralisation - " la chaleur perdue par " les machines thermodynaminques " (centrales thermiques, moteurs de véhicules) représente (…) près de la moitié des consommations d’énergie primaire aujourd’hui " -, et le renouvellement des équipements pour plus d’efficacité, tant du côté de la production (éolien, photovoltaïque, " bouquets énergétiques ", etc.), que du côté de la consommation (réhabilitation des logements, renouvellement du parc automobile, des outils industriels, etc.).
Sortir de la logique suicidaire
Les " négaWatt " entendent ainsi remettre en cause " le dogme longtemps réputé intangible : les besoins augmentent toujours, il faut donc produire toujours plus pour pouvoir consommer toujours plus. " Cette logique est proprement suicidaire car elle rend " incongrue " une évidence : " la notion même de limite physique " de la planète, de ses ressources, des capacités de recyclage biologique des émissions de toutes nature (gaz, déchets, etc.) produite par l’activité humaine.
Courant alternatif "Avec les 3 milliards d’euros prévus pour le prototype de réacteur nucléaire EPR, que pourrait-on faire dans la région "Grand Ouest" de la France, dans le domaine de la maîtrise de la demande d’énergie et des énergies renouvelables, et pour l’emploi ?" Le Réseau Sortir du nucléaire a chargé les experts du bureau d’étude "Les 7 Vents du Cotentin" de se pencher sur cette question. Les résultats de leur étude montrent clairement qu’une alternative est possible. Document complet sur www.sortirdunucleaire.fr ou sur demande à Sortir du nucléaire - 9, rue Dumenge 69317 Lyon Cedex 04 (12 €).