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Dynamiques et diversité des territoires français

Rapport de l’Observatoire des territoires
Créé en septembre 2004 et présidé par le ministre chargé de l’aménagement du territoire, l’Observatoire des territoires met en réseau diverses administrations fortement concernées par la localisation des populations et des activités (éducation nationale, emploi, santé, habitat…) et des associations telles que celle des maires ou celle des régions de France. Son premier rapport analyse une masse considérable de données, surtout quantitatives, et met principalement l’accent sur la diversité des territoires qui composent notre pays...

Créé en septembre 2004 et présidé par le ministre chargé de l’aménagement du territoire, l’Observatoire des territoires met en réseau diverses administrations fortement concernées par la localisation des populations et des activités (éducation nationale, emploi, santé, habitat…) et des associations telles que celle des maires ou celle des régions de France. Son premier rapport analyse une masse considérable de données, surtout quantitatives, et met principalement l’accent sur la diversité des territoires qui composent notre pays.
L’évocation de cette diversité peut paraître d’une grande banalité, mais les examens successifs des chances de développement, des disparités sociales, des conditions de vie ou encore de l’égalité des chances des citoyens montrent l’ampleur des questions que pose déjà l’inégalité des ressources locales et l’importance de l’enjeu que continuent à représenter les solidarités, tant nationale qu’européenne.
Par ailleurs, à la diversité des situations s’ajoute une diversité des dynamiques, pour le meilleur (leur croissance économique plus forte que la moyenne permet aux « régions périphériques  » que sont l’outre-mer et les façades Ouest et Sud de « réduire les écarts  ») ou pour le pire (les difficultés de la Picardie, de Champagne-Ardenne, de la Bourgogne et de la Lorraine s’aggravent).
Par ailleurs, les approches de l’Observatoire des territoires ne sont pas uniquement régionales, mais également sectorielles et typologiques. Au sujet de ces dernières, une mention particulière peut être faite de la dynamique des espaces ruraux. Leurs évolutions démographiques (ainsi d’ailleurs que fonctionnelles et résidentielles) résultent de « flux croisés de populations très différentes ». D’un côté, les jeunes ruraux migrent vers les centres urbains pour achever des études ou trouver un emploi. De l’autre, des retraités d’origine urbaine viennent renforcer le vieillissement de la population rurale. Mais l’Observatoire des territoires pointe aussi l’arrivée croissante « d’actifs, souvent avec enfants, dans des proportions suffisantes pour contribuer de façon significative au renouvellement de la population active des espaces ruraux. Parmi les 1,8 millions de nouveaux résidents ayant quitté un pôle urbain pour la campagne entre 1990 et 1999, plus de 800 000 sont des actifs qui représentent environ 14 % de la population active présente en 1999 dans les espaces ruraux. Plus encore, ces arrivées représentent près de 21 % des professions intermédiaires et 30 % des cadres vivant à la campagne en 1999.  » L’Observatoire ajoute toutefois que « c’est en milieu rural que l’on compte les proportions les plus élevées de non diplômés et d’ouvriers ». Mais, tandis que l’Insee ne parle que d’« ’étalement urbain » pour expliquer le dynamisme démographique des zones rurales (voir page 7), ce rapport note que l’excédent migratoire est « de plus en plus important y compris dans le rural "isolé" comme le confirment les premiers résultats de l’enquête annuelle de recensement de 2004 ».
Au final, « sous les effets conjugués de cette poussée de l’économie résidentielle, du maintien d’activités industrielles, du rôle toujours essentiel de l’agriculture comme secteur stratégique à la fois pour l’économie nationale et la qualité des paysages, le monde rural change, se diversifie et offre de nouvelles opportunités  ». Là encore, le constat d’une grande diversité s’impose : tous les territoires ruraux ne connaissent pas la « renaissance » qu’évoquait, il y a déjà longtemps, le géographe Bernard Kayser. Mais l’évolution globale qui est décrite et les signaux positifs qui proviennent de certains espaces ruraux « isolés » prouvent que les campagnes ne sont pas forcément destinées, au mieux, à se recroqueviller sur une simple fonction résidentielle.

A. Chanard, Transrural Initiatives n°302, 31 janvier 2006.


La Documentation française - collection Étude - novembre 2005 - 148 pages - 22 €.