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Noël en novembre pour le milieu rural

 
Le gouvernement a profité de la tribune que lui offrait, du 22 au 24 novembre, le congrès de l’Association des maires de France pour annoncer une longue série de mesures en faveur des territoires ruraux : élargissement des zones de revitalisation rurale ; mise en place d’une Conférence annuelle de la ruralité ; possibilité ouverte aux communes de soutenir financièrement les étudiants en médecine en échange d’une future installation chez elles ; couverture par le réseau de téléphonie mobile de cinquante nouvelles communes chaque mois… Deux éléments ressortent plus particulièrement de ce catalogue.
Tout d’abord, pour " créer plus d’égalité entre les territoires ", le Premier ministre a confirmé le lancement de 300 Pôles d’excellence rurale (TRI 297). Le coût de chacun d’eux sera compris entre 300 000 et 3 millions d’euros et sera financé par l’État à 50 % en zone de revitalisation ou à 33 % ailleurs. Les projets porteront sur le développement du tourisme, du patrimoine ou de la culture. Ils appuieront le développement de filières agricoles et alimentaires d’excellence ou bien encore la mise en valeur d’espaces naturels remarquables.
Par ailleurs, le gouvernement dit vouloir lutter contre la dégradation du " service public de proximité ". Pour " identifier les vrais besoins des habitants " les préfets mènent en ce sens un recensement des attentes à satisfaire. Dans l’immédiat, doté de 50 millions d’euros, un Fonds de soutien aux projets innovants de services publics en milieu rural pourra apporter une aide en investissement mais aussi en fonctionnement pour la période de démarrage. Et, dans ce même registre, la polyvalence de certaines structures (une épicerie assurant des services postaux, par exemple) ou de certains agents sera encouragée.
La rivalité qui oppose Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy fait que cette orientation a été présentée de deux façons. Le 22 novembre, le Premier ministre cherchait d’abord à séduire les maires : " Vous donner plus de souplesse dans vos fonctions d’employeurs est également essentiel. Désormais, un agent pourra partager son temps entre un employeur privé et un ou plusieurs employeurs publics. " Le 24, le ministre de l’Intérieur ne pouvait s’empêcher d’être vindicatif : " Pour pouvoir maintenir cette proximité, il faudra aussi lever la contrainte des statuts. Pour qu’un agent territorial ou de l’État puisse avoir ces fonctions polyvalentes, nous assouplirons les règles sur les cumuls d’activité et nous simplifierons le recours aux groupements d’intérêt public. Entre les statuts et la qualité du service rendu, vous l’aurez compris, je choisis le service. "

A. Chanard, Transrural Initiatives n°299, 13 décembre 2005.