Un développement recentré sur les infrastructures et l’industrie
Le 14 octobre, pour sa première réunion, le tout nouveau Comité interministériel d’aménagement et de compétitivité des territoires (Ciact) a « décidé d’accélérer les investissements dans les infrastructures ». Il a pour cela validé 55 des 67 projets de pôle de compétitivité présentés le 12 juillet (TRI 294). Ces pôles seront présidés par un industriel ou un chercheur. Les comités de coordination qui regrouperont leurs financeurs (État, banques et collectivités) seront quant à eux présidés par les préfets (et non pas par des élus locaux). Divers investissements ont en outre été annoncés dans les domaines du rail, des autoroutes et des transports collectifs urbains. Le Ciact a par ailleurs autorisé une trentaine de « partenariats public-privé ». Dans ce cadre, l’État ou une collectivité peut attribuer à une entreprise privée la conception, la réalisation, le financement, l’exploitation et la maintenance d’un équipement collectif (autoroute, maison d’arrêt, équipement universitaire…).
Cette focalisation sur les infrastructures et l’industrie rappelle la politique d’aménagement du territoire des années 1960. Sans nier la nécessité de certains investissements, il est permis de douter que le béton, le bitume et le seul secteur secondaire suffiront à assurer un développement équilibré des territoires.
Le ministre délégué à l’aménagement du territoire, Christian Estrosi, a toutefois apporté un bémol à cette conception en présentant « les grandes lignes directrices d’une démarche visant à mieux valoriser les atouts des territoires ruraux en matière d’espaces naturels, d’agriculture, de la culture et de tourisme ». Absents du dossier de presse du Ciact et encore très flous dans leur conception, des « pôles d’excellence ruraux » sont ainsi envisagés, mais toujours au conditionnel. Leur évocation rapide ne sert pour le moment qu’à une chose : affirmer que « les territoires » pris en considération par le gouvernement ne sont pas exclusivement urbains. Peut-être en décembre, leur lancement « prendrait la forme d’un appel à candidatures ». La « compétitivité » se doublerait en l’occurrence d’une mise en concurrence des acteurs. Toute une philosophie…
A. Chanard, Transrural Initiatives n°297, 15 novembre 2005.