Le rapport dénonce la gestion de l’État en matière d’infrastructures ferroviaires. "
Parer au plus pressé signifie l’adaptation d’un processus de décision à court terme de l’entretien alors que la programmation anticipée est essentielle pour maîtriser les coûts de maintenance d’un système si complexe. " En clair, "
il s’agit de dépenser juste [et à temps] aujourd’hui, pour dépenser peu demain ". En France, le renouvellement du matériel ne représente qu’un tiers du budget total de maintenance du réseau, contre deux tiers en Espagne, en Suisse et même en Grande-Bretagne. À ce rythme, 60 % du réseau ferré national risque d’être inutilisable en 2025. Pour éviter un tel scénario, 3,1 milliards d’euros par an seraient nécessaires, quand seulement 2,7 Md€ ont été alloués en 2005 [
2]. En outre, l’arrivée en fin de vie des premières infrastructures à grande vitesse - plus coûteuses en investissements, maintenance et renouvellement - ne devrait rien améliorer...
Les reports successifs des investissements nécessaires aggravent la "
dérive exponentielle " des coûts actuels et futurs d’entretien et de renouvellement, impasse dont "
la Grande-Bretagne a fait l’amère expérience ". Sont alors préconisés la suppression totale des voies non entretenues (essentiellement composée des voies de service) et l’abandon de 30 % des infrastructures actuellement entretenues. Sauf pour les "
infrastructures de technologie moderne ", le rapport doute de la "
pertinence technico-économique " de la mécanisation des travaux de renouvellement. Mais il n’en conclut pas pour autant que RFF devrait embaucher : "
Les effectifs de maintenance devraient être maintenus stables grâce au recours au domaine privé en matière de travaux de régénération. "
Ses auteurs ont d’emblée pointé les limites de ce rapport : "
Les travaux de projection des besoins de maintenance de l’infrastructure ne prennent pas en considération directe l’intérêt économico-politique de maintenir en exploitation certaines lignes peu ou très peu chargées. " Il appartient en revanche au ministre des Transports de prendre plus globalement en compte la notion de service public. Pourtant, c’est sur la base de ces recommandations que, le 26 septembre, Dominique Perben a demandé à la SNCF et à RFF de proposer un plan pour 2006- 2010.