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Les associations veulent refonder leur partenariat avec les pouvoirs publics

Alors que le gouvernement compte beaucoup sur elles pour contribuer à la lutte contre le chômage, les associations s’inquiètent de la chute continue des subventions allouées notamment à la formation de leurs bénévoles.
En novembre 2004, certains responsables de coordinations associatives rencontraient le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Il s’agissait de parler " emploi dans les associations ", mais comment parler d’emploi sans parler avant tout de la réalité des associations, développement des projets, soutien au bénévolat, situation économique... ? Comment parler emploi sans avant tout s’intéresser aux moyens alloués aux associations pour mener leur projet, l’emploi étant un de ces moyens ?
M. Raffarin a alors accepté de mettre en place une Conférence nationale de la vie associative afin de faire un point sur trois sujets essentiels à la reconnaissance du rôle des associations et au dynamisme associatif : le bénévolat, le dialogue civil, les relations contractuelles avec les pouvoirs publics. Visant notamment à clarifier leurs relations avec les pouvoirs publics, cette Conférence devrait permettre aux associations de se voir conforter et reconnues dans leur rôle et leur action. Ainsi, les différents secteurs associatifs participants à la Conférence de la vie associative, et partout sur le territoire, croient en la force du dialogue avec les pouvoirs publics. D’ailleurs, les coordinations associatives estiment que les rapports déjà élaborés dans le cadre de la Conférence sont de très bonne qualité et que le travail effectué en partenariat avec les représentants des administrations ou les présidents de groupe a permis d’arriver à des propositions très intéressantes, à la fois pour les associations et les pouvoirs publics. Mais comment y croire si, par ailleurs, les associations sont de plus en plus fragilisées et les réseaux de plus en plus ignorés, sous prétexte qu’ils ne seraient pas représentatifs ?
Parmi d’autres, l’exemple du Conseil du développement de la vie associative est particulièrement éclairant. Nommés par la CPCA, les représentants associatifs qui y siègent ont refusé, après instruction des dossiers, de participer à la répartition des fonds. Et pour cause : alors qu’en loi de finance 2005, 7,05 millions d’euros étaient annoncés, les gels successifs ont finalement réduit les crédits disponibles à 4,02 millions d’euros. Cette coupe franche s’est faite sans concertation avec les représentants associatifs. Leurs demandes sur ce point sont restées sans réponse. Certaines associations, qui attendaient une notification depuis juin et qui avaient déjà engagé leurs actions de formations, se retrouvent en difficulté. Si la concertation avait fonctionné, les associations auraient au moins pu être informées et revoir leur action de formation. L’absence de dialogue est ici contre-productive pour les associations, mais aussi pour les pouvoirs publics, qui perdent encore un peu plus la confiance du monde associatif. Il ne s’agit pas en l’occurrence de financement d’emplois associatifs ou de structures fédératives ou encore de financements de fonctionnement, mais de formation, et par là même de reconnaissance du bénévolat.
De même, à propos de l’emploi, la concertation avec le monde associatif n’a pas eu lieu en amont pour la conception et la mise en œuvre du récent Plan de cohésion sociale. Résultat : alors que le secteur associatif pourrait être un vrai acteur de ce Plan, il se retrouve avec des dispositifs qui ne répondent pas réellement à ses réalités et à ses attentes. Ces deux exemples posent la question du dialogue civil. La Charte des engagements réciproques, qui a été signée entre les pouvoirs publics et les associations en 2001, rappelait les devoirs et les droits de chacune des parties. Elle pointait les obligations de transparence et de démocratie qui s’imposent aux associations, mais évoquait aussi celles qu’ont les pouvoirs publics en matière de dialogue et de respect de leurs engagements. Les associations devraient être en mesure, à travers leur organisation, de prendre toute leur part dans le dialogue et la concertation avec les pouvoirs publics et cela dans l’intérêt de tous, celui des usagers ou bénéficiaires, des bénévoles, des pouvoirs publics.

L. Deville, Transrural Initiatives n°295, 18 octobre 2005.