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Éoliennes : le vent a tourné pour les initiatives locales

La nouvelle loi sur l’énergie fragilise les projets éoliens de petite taille.

Fin mars, un vent de panique a parcouru la France quand la nouvelle loi énergie a été votée à l’Assemblée nationale. EDF n’est plus contraint de racheter l’électricité des parcs éoliens de moins de 20 mégawatts (MW). La précédente loi de 2001 imposait au contraire à EDF un rachat pour les équipements inférieurs à 12 MW. Les défenseurs de cette loi, Patrick Ollier député UMP en tête, estime qu’il fallait " réduire la pollution paysagère et rationaliser les éoliennes par un regroupement dans des parcs plus importants ".

Une nouvelle carte des éoliennes

Beaucoup de petits projets (collectivités, associations, agriculteurs…) inférieurs à 12 MW n’obtiendront plus le financement par les banques, sans la certitude qu’EDF rachètera le courant. Or, chaque mégawatt demande un investissement d’un million d’euros. De plus, ce texte modifie la carte des éoliennes en France. La Bretagne sera privée de projets alors qu’elle est la deuxième région française pour le potentiel éolien : l’habitat dispersé permettra difficilement de construire un champ de huit éoliennes pour arriver au seuil des 20 MW. La voie semble libre aux gros parcs industriels.
Cette nouvelle réglementation provoque surtout de vives critiques parmi les associations engagées depuis de longues années dans des projets locaux concertés. Michel Leclerq, président d’Eoliennes en Pays de Vilaine [1] voit des heures de bénévolat sacrifiées : " nous souhaitions construire un parc de 12 MW. Les accords étaient acceptés et nous arrivions en phase opérationnelle ". Pour éviter des oppositions locales, ce projet s’est construit avec la population : " citoyens, entreprises, collectivités, tous étaient prêts à investir dans ce projet, sous la forme d’une coopérative ". Les 150 adhérents de l’association ont appris la nouvelle loi par la presse avec regret : " On a du mal à accepter ce double discours sur l’écologie de nos gouvernants. Et puis, nos éoliennes, c’était 60 000 € par an de taxes professionnelles pour la commune ".


J. Taunay, Transrural initiatives n°283, 19 avril 2005