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Les forêts plus « naturelles » depuis les tempêtes de 1999

Depuis les tempêtes de 1999, le bilan écologique des forêts françaises est plutôt bon.

Les tempêtes de noël 1999 ont été si violentes que la forêt française en est ressortie dévastée, le caractère exceptionnel étant plus lié à l’ampleur des zones concernées qu’à la nature des dégâts.
Quatre ans plus tard, le bilan écologique est plutôt bon. En effet, après l’enlèvement massif des chablis causant des tassements de sols, les sylviculteurs ont veillé à ne pas tout nettoyer dans les trouées de façon à permettre la formation d’un nouveau peuplement. Celui-ci est plus naturel et hétérogène que ce qui prévalait depuis le milieu du XIXème siècle. Pour accroître la résistance, les forestiers ont diminué la densité en arbres et privilégié une gestion dynamique des coupes afin d’éviter que des arbres hauts donc fragiles ne restent sur pied longtemps.

Bilan écologique satisfaisant

Les chercheurs ont, de leur côté, noté peu de perturbations sur les populations d’insectes, d’oiseaux ou la grande faune. Des espèces végétales enclines à plus de lumière se sont développées apportant de ce fait plus de nourriture aux grands ongulés. Ainsi, paradoxalement, l’augmentation des dégâts forestiers au XXe siècle est moins lié aux tempêtes [1] qu’à une gestion sylvicole qui a privilégié les futaies au détriment des taillis. Or, les futaies exposent plus de surface forestière au vent : celui-ci s’engouffre facilement, prend de la vitesse et… détruit tout sur son passage. S’ajoute le fait que sur les dernières décennies, les arbres poussent plus rapidement et plus haut devenant plus fragiles au vent. Cette tendance s’expliquerait par l’élévation du taux de C0² atmosphérique et par le réchauffement du climat. Le rôle des lisières et les phénomènes « d’éducation au vent » qui permettent aux arbres de s’adapter au niveau racinaire ont, depuis les tempêtes, été reconsidérés. Le pin maritime développe par exemple un bois de compression du côté sous le vent qui lui assure une meilleure résistance. Un colloque scientifique au mois de mars abordera ces risques liés au vent à partir du cas des tempêtes de 1999 [2].


G. Gibault, Transrural Initiatives n°277, 25 janvier 2005.

[1] 8 tempêtes ou ouragans recensés au XVIIIème et 6 au XIXème.

[2] Colloque « Forêt, vent et risque : Cinq ans après les tempêtes, scientifiques et gestionnaires font le point »,16 et 17 mars 2005, Paris(Eurosites, République) Contact : bonheme@gip-ecofor.org.