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Mariann Fischer Boel doit faire ses preuves

C’est une « évaluation mitigée » que dresse les députés européens après leur audition de la future commissaire européenne à l’agriculture.
La commission agricole du Parlement européen ont mis en doute « sa capacité à défendre avec vigueur et efficacité la Pac ». Ils n’apprécient guère que l’ex-ministre danoise à l’agriculture, ne porte pas un projet pour l’agriculture européenne, ce qui la différencie certes de son prédécesseur, l’Autrichien Franz Fischler, libéral vert qui a insufflé depuis 1995, les deux récentes réformes de la Pac. Si elle n’est « pas partisane du modèle américain » et estime que « l’agriculture familiale doit avoir sa place en Europe », les députés jugent ces réponses insuffisantes alors qu’il lui faudra être combative face à sa collègue lituanienne en charge du budget européen. Laquelle n’hésite pas affirmer que « la Pac est désuète et démodée. C ’est une honte que près de la moitié du budget de l’UE y soit consacrée ». Une minorité de parlementaires va plus loin considérant que l’approche politique de M. Ficher Boel « ne la qualifie pas pour exercer la fonction de commissaire ».
Les députés notent en effet qu’elle « n’a pas répondu ou n’a pas voulu répondre aux questions posées », restant notamment évasive sur la réforme du sucre (TRI n°265). En conséquence, la commission agricole du Parlement s’inquiète de la qualité du dialogue qu’ils auront ensemble.
Si beaucoup la réforme de la Pac a été entérinées par son prédécesseur en 2003, la future commissaire aura en charge la difficile gestion de son application dans l’Union à 25 tant sa complexité, sa cohérence d’ensemble et sa légitimité sont questionnées. Mariann Fischer Boel fait cependant siennes l’écoconditionnalité et le découplage des aides. Elle soutient aussi le transfert financier vers le développement rural « dont des possibilités n’ont pas encore été pleinement exploitées » et ce « afin d’éviter l’exode ».
Enfin, la candidature de Mariann Ficher Boel a été également contestée à cause de son implication dans l’exploitation familiale, un élevage porcin intensif percevant par an 52 500 € d’aides européennes.

C. Donnars, Transrural Initiatives n°271, 26 octobre 2004.