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La persistance des petites fermes en Europe

Les fermes de moins de cinq hectares représentent la moitié des exploitations au sein de l’Europe des quinze et près de 60 % pour les vingt cinq pays membres.

La Coordination paysanne européenne et la Confédération paysanne organisaient les 28 et 29 octobre un séminaire sur " Politiques européennes et petites fermes ". Jean Pluvinage, chercheur à l’Inra, a introduit ces travaux en soulignant l’importance numérique des petites fermes en Europe, la majorité des exploitations ayant une surface inférieure à 5 ha. Cette donnée surprend tant les politiques agricoles travaillent à leur disparition depuis un demi siècle (restructuration, surface minimum d’installation ou de viabilité économique...) . Ces politiques publiques prolongent également celles de l’industrie agroalimentaire qui poussent à la concentration et à la standardisation au détriment des modes de production paysans.

Nouveau réglement de développement rural
La politique rurale européenne ne s’intéresse pas plus aux petites fermes. Michel Dewitt, de la Direction générale Agriculture à Bruxelles, a reconnu qu’elles ne sont pas mentionnées dans le projet de nouveau règlement de développement rural (RDR). L’intégration des pays d’Europe centrale qui comptent de nombreuses petites structures n’a donc pas infléchi cette politique. Cependant, M. Dewitt a souligné quelques nouveautés susceptibles de les intéresser. En particulier, l’installation agricole ne serait plus conditionnée à des critères de viabilité économique et des aides soutiendraient les mises aux normes communautaires. Mais les paysans présents contestent : la suppression des critères de viabilité est liée au découplage des aides qui n’imposent plus de production, donc pas d’activité économique. Quant aux normes sanitaires, aidées ou pas, elles sont en contradiction avec l’activité paysanne qui ne peut supporter une législation développée pour l’industrie. Au niveau national, plusieurs pays traitent la question des petites fermes comme un problème social.
Comment expliquer finalement une telle persistance des petites fermes ? Leur capacité de résistance et de reproduction est déterminante, alors que semi-subsistance, propriété foncière et pluriactivité forment une combinaison sûre dans une Europe touchée par la précarité. La volonté d’inscrire son activité dans une vie locale, garante d’une certaine autonomie, pèse également. Les représentants des petites fermes ont donc revendiqué la modernité de ces structures, tant sur des questions territoriales et environnementales que sociales.


M. Reinert, Transrural Initiatives n°262, 9 novembre 2004.