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Le coup de pouce du micro-crédit

Pour financer des projets personnels ou professionnels, des petits crédits sont proposés aux personnes exclues des services bancaires.

« Les pauvres remboursent aussi bien que les riches », soutient Hervé Pillot de la Caisse des dépôts et consignations (CDC). Pourtant, on ne leur prête pas aussi facilement, et il est estimé qu’aujourd’hui 5 à 6 millions de personnes seraient en France soumises au processus d’exclusion bancaire [1]. Voilà pourquoi le CELAVAR [2] organisait une journée sur le micro-crédit le 27 novembre, au cours de laquelle Hervé Pillot présentait le micro-crédit social que la CDC a mis en place. Le Fonds du même nom, dont la Caisse a reçu la gestion dans le cadre de la Loi de programmation pour la cohésion sociale de 2005, permet de prendre en charge la moitié du risque des micro-crédits, les banques partenaires devant assurer l’autre moitié du chemin. Ainsi, en partenariat avec des associations qui accompagnent les bénéficiaires, des prêts de 300 à 4 000 euros, d’une durée maximale de 48 mois, pour financer des projets personnels, sont proposées à ceux qui se font généralement refuser les prêts par les banques, pour n’être pas solvables. Ces crédits s’avèrent d’autant plus pertinents en milieu rural qu’ils peuvent aider à la mobilité (achat véhicule, permis).
Sur le terrain professionnel, des associations telles que l’Association pour le droit à l’initiative économique (au niveau national), ou l’AIRDIE dans le Languedoc-Roussillon, présentaient les dispositifs de micro-crédits qu’ils proposent aux entrepreneurs exclus des dispositifs classiques. En amont de ce soutien financier, l’ADIE dispose par ailleurs d’un réseau d’animateurs pour dénicher les porteurs de projet car « si la pauvreté reste cachée, l’initiative aussi ». Par contre, quand l’ADIE prête à un taux de 7,89 %, l’association Solidarité Gers emploi a fait elle le choix du prêt à taux zéro. Même si selon certains « le poids des intérêts est faible car les montants de prêts sont petits  », leur remboursement représente malgré tout un poids non négligeable dans le budget des porteurs de petites entreprises. Partant toutes d’une bonne intention, la plupart de ces expériences fricotent cependant fréquemment avec la morale, notamment quand ils s’invitent dans l’intimité du budget d’autrui. À force d’entendre que « le prêt est meilleur que le don  », au sujet de si petites sommes et de personnes en réelle difficulté, on se prend à rêver que tels discours soient tenus à l’adresse des gros bénéficiaires de subventions publiques qui n’hésitent pas à délocaliser quand bon leur semble.

Plus d’informations sur les dispositifs : CDC au 02 38 79 97 37, www.adie.org, www.airdie.org.


Christophe Trehet, Transrural initiatives n°347, 4 décembre 2007.

[1] Peut-on chiffrer l’exclusion bancaire ?, Georges Gloukoviezoff.

[2] Comité d’étude et de liaison des associations à vocation agricole et rurale.