Difficile de trouver un logement en location sur le plateau de Millevaches, quand on cherche à y installer son activité. Face à ce constat, l’association De fil en réseaux, qui accompagne les porteurs de projet sur ce territoire du Limousin, a décidé de réagir. Soutenue par la région Limousin, elle met à disposition des logements, pour une durée de six mois à un an, à destination des personnes désirant s’installer en créant leur activité en milieu rural. Pendant cette phase de transition, la contrainte du logement levée, les porteurs de projet peuvent consacrer leur temps à affiner leur projet d’installation et à chercher un logement pérenne, en évitant de le choisir trop hâtivement. « Quand on souhaite s’installer, il est essentiel de « se tester » dans le territoire, explique Frédéric Thomas de l’association De fil en réseaux, cela permet de confirmer, ou non, les idées qu’on se faisait a priori sur le contexte local. Pour des personnes qui veulent créer leur activité, cette étape est d’autant plus importante. »
Un suivi personnalisé
Au delà de l’aide au logement, l’association accompagne les bénéficiaires dans la réflexion sur leur projet, et ce dès leur arrivée. Jean-Michel Dalliere, ancien salarié dans le bâtiment en région parisienne, occupe l’un des logements depuis quelques mois. Après avoir passé plusieurs séjours de courte durée sur le plateau, il s’est décidé à s’y installer, en projetant également de se réorienter professionnellement pour devenir artisan en objets décoratifs et utilitaires. « Ce logement passerelle est un sacré coup de pouce pour moi car la prospection sur le plateau nécessite de parcourir de grandes distances, témoigne-t-il, et l’accompagnement associatif m’a permis d’être rapidement intégré à un réseau d’acteurs, dans le cadre notamment de chantiers participatifs, et de faire évoluer mon projet à la lumière des expériences de chacun. »
Cinq « logements passerelle » sont pour l’instant proposés. La demande dépassant l’offre, De fil en réseaux souhaite étendre son dispositif aux logements appartenant aux collectivités ou à des particuliers. Or, ces derniers préfèrent généralement louer sur du long terme. « L’enjeu pour nous est donc de repérer les bonnes volontés et de les convaincre de l’intérêt de notre démarche pour la vie de notre territoire », conclut Frédéric Thomas.