Afin de mettre la culture à portée des petites communes rurales, le Conseil général de Saône-et-Loire a décidé de créer « une saison culturelle » à la campagne. De janvier à juin, des artistes venant de la France entière, parfois de renommée nationale ou internationale, se sont produits, dans des bourgs ruraux. Les spectacles proposés sont variés : cirque, théâtre, danse, spectacles musicaux, et peuvent s’adresser à tous les publics, ou être destinés aux plus jeunes. Pour les scolaires, une rencontre avec les artistes et des ateliers sont proposés. Au programme de cette année, figuraient notamment le jongleur Jérôme Thomas en duo avec Jean-François Baez, accordéoniste, ainsi que la Famille Moralles, compagnie de cirque nouveau.
Tout le monde en piste !
Si le conseil général prend en charge l’organisation de la programmation, la mobilisation locale est du ressort de la commune accueillante. Pour prétendre accueillir un spectacle, il faut déjà réunir un groupe de travail rassemblant élus et associations culturelles locales. Le groupe choisira le spectacle dans la liste proposée par le Conseil général et organisera l’accueil. Les spectacles sont mis à disposition des communes pour la somme symbolique de 150 € (+ 100 € par tranche de 1000 habitants, plafonné à 500 €).
Selon les besoins techniques, une équipe de bénévoles plus ou moins importante est mobilisée pour faire la promotion du spectacle, monter la scène, préparer la salle, organiser un pot à la fin du spectacle, etc. Le jeu des réseaux et du bouche à oreille fera le reste. Le prix de la place est très accessible : 6 € pour un adulte, 3 € en tarif réduit.
L’opération remporte un franc succès : 71 représentations ont déjà été données ce printemps, auprès de 7 000 spectateurs, sur 25 communes couvrant une grande partie du territoire (bilan partiel). Au-delà de l’organisation technique très professionnelle portée par le conseil général, c’est bien la mobilisation locale qui a fait l’événement.

Action culturelle et développement territorial
Entretien avec Pierre Buch, du Conseil Général de Saône-et-Loire.
Le Conseil Général de Saône et Loire soutient déjà un grand nombre de manifestations, y compris le célèbre festival de théâtre de rue « Chalon dans la rue », pourquoi créer un nouvel événement ?
L’objectif est double. Tout d’abord, offrir à des populations rurales qui n’ont que peu accès à la culture vivante, le choix d’une soixantaine de spectacles variés et d’un bon niveau. C’est un projet ambitieux que de faire venir des grandes compagnies et leur donner les moyens techniques de leur spectacle. Nous avons aussi un objectif de développement territorial. En demandant aux communes de s’emparer du projet et d’assurer la mobilisation locale, nous espérons créer des envies et des dynamiques qui perdureront.
Etes vous satisfait de cette première année de fonctionnement ?
Tout à fait. Nous avons un taux de remplissage des spectacles de 80% ce qui n’était pas gagné d’avances vu les lieux des représentations et le pari de la communication locale. Les communes sont très satisfaites, voire enthousiastes, et nous pensons pouvoir couvrir la quasi-totalité du territoire l’année prochaine.
Quels retours en font les artistes ?
Les compagnies ont apprécié le travail d’encadrement technique qui a dû suivre tous les spectacles. La plupart sont également très heureuses des moments d’échanges avec le public et des conditions d’accueil parfois très conviviales.
Et pour l’année prochaine ?
Le pari sur l’année prochaine est tout d’abord de continuer à former des relais locaux qui vont mobiliser les gens sur de l’action culturelle. Ce sera aussi de prendre des risques, avec des spectacles peut-être plus difficiles d’approche.
(Crédits photo : ARMO/Cie Jérome Thomas)