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Le café éthiopien labellisé

L’Ethiopie vient d’arriver à un accord avec la multinationale Starbucks pour labelliser 3 variétés de cafés locales.

Soucieuse de faire valoir la qualité et la typicité de ses produits, l’Éthiopie a décidé en 2005 de déposer des licences de propriété légale dans les principaux pays importateurs de café pour trois de ses variétés prestigieuses, Yrgacheffe, Sidamo et Harar. Un essai pour récupérer une partie de la valeur ajoutée de cette filière très rentable, en forte croissance, tout en raccrochant le nom et l’image de ces cafés de renom à leur pays d’origine. Après un conflit de plus de deux ans, le géant du café américain Starbucks [1] a fini par accorder à l’Éthiopie cette propriété légale. L’accord l’oblige à ne pas mélanger les variétés éthiopiennes à d’autres cafés et à les présenter sous leur nom d’origine. La multinationale refusait jusqu’à présent de signer cet accord, arguant qu’il n’était pas de son ressort mais de celui des autorités américaines sur la propriété américaine de « décider si oui ou non le gouvernement éthiopien [pouvait] avoir les marques légales de ses régions. »

L’Ethiopie, l’un des pays les plus pauvres du monde, est le 7ème producteur mondial de café, et le premier producteur pour les arabicas. Mais il ne récupère qu’une faible part de la valeur ajouté de cette filière. Sur un café vendu 1 € dans une épicerie occidentale, le producteur n’en perçoit que 6 centimes. Berceau historique de production, l’Éthiopie est pourtant réputée pour la qualité de ces produits, dont les célèbres mokas, produit dans la région de Kaffa qui donnera son nom au café. Mais si ses cafés sont unanimement reconnus et mieux payés sur la marché mondial, et si le pays possède des avantages comparatifs, il ne s’en sort pas mieux que d’autres. Au contraire, avec la crise mondiale des cours, le café, premier produit exporté, a subi une perte de revenu de 100 millions de dollars entre 2000 et 2001, soit le double de la remise de dette accordée par la Banque mondiale.

(Source : Novethic)


Aurore Abibon, Transrural Initiatives n°336, du 19 juin 2007.

[1] Présent dans 39 pays, pour un chiffre d’affaires de 7,8 milliards de dollars en 2006.