Rien n’y fait, Régis Hochart, porte-parole de la Confédération paysanne, préfère parler d’un « léger revers » plutôt que d’une défaite, même s’il avoue que leur hypothèse la plus basse se situait à 24 %. Face à une telle diminution de son score aux élections aux chambres d’agriculture, le syndicat fait le constat que « 75 % des votants ont fait le choix de vivre dans la concurrence ». Car, même si la Coordination rurale partage désormais le rôle d’opposition au syndicat majoritaire aux côtés de la Confédération paysanne, les porte-parole de cette dernière tiennent à rappeler que les deux votes n’ont pas du tout la même signification. « Nous sommes le seul syndicat à parler de solidarité, quand la FNSEA et la Coordination rurale se sont adressés aux paysans dans une logique corporatiste et individualiste », analyse R. Hochart, « on a le sentiment que beaucoup de votants veulent sauver les meubles, dans la perspective d’une baisse des soutiens à l’agriculture à l’horizon 2013 et d’une poursuite de la diminution du nombre d’agriculteurs. » « La hausse des cours agricoles, céréales et viande, a, de plus, été favorable au vote conservateur », ajoute Jean-Jacques Bailly, porte-parole. Revenant sur la campagne du syndicat, les deux porte-parole expliquent : « nous estimons toujours avoir fait des propositions allant dans le bon sens. Une plus juste répartition des aides et une modification des pratiques agricoles sont des réformes douloureuses à opérer, mais absolument nécessaires. On devra de toute façon y passer. Notre discours a su convaincre en dehors du milieu agricole, mais pas encore suffisamment au sein du monde paysan. Sur la forme, beaucoup de syndicats départementaux de la Confédération paysanne pensent avoir fait ce qu’il faut, au bon moment, avec le peu de moyens dont ils disposent. Les FDSEA ontsystématiquement refusé, sauf en Dordogne, les propositions de débat en face à face ». Ils ne se prononcent pas pour l’instant sur l’efficacité de la campagne au niveau national, ni sur l’effet Bové. Quant aux moyens, la baise de leur représentativité va entamer leur part de financements publics alloués aux syndicats, d’environ 30 % selon J-J Bailly.
Ces résultats pourraient selon les porte-parole « susciter un regain d’adhésion et de militance », alors que le thème du prochain congrès du syndicat devrait porter sur l’engagement syndical.
Verbatim des deux autres principaux syndicats agricoles suite aux résultats des élections aux chambres d’agriculture.
« La Coordination rurale n’est ni de droite ni de gauche. Elle souhaite jouer le rôle d’un syndicat agricole à part entière afin de nourrir la réflexion de tous les partis sur les enjeux de la politique agricole. C’est pourquoi elle s’inscrit vigoureusement en faux contre l’étiquette politique « droitière » qui lui est parfois accolée, d’autant plus que sa très forte progression provient des voix de la Confédération paysanne, classée à gauche par les mêmes médias. Apolitique par principe depuis sa création, la Coordination rurale veut en toutes circonstances se comporter comme un contre-pouvoir. » (communiqué Coordination rurale)
« Renforcés dans nos convictions et forts d’un projet pour tous les paysans, nous aurons à cœur de peser dans la campagne présidentielle afin que tous les candidats aient bien conscience que l’agriculture représente une chance pour la France. Maillon essentiel de la ruralité, les agriculteurs doivent retrouver leur place, non sur la chaîne des promesses, mais sur le médaillon des priorités de la future présidence de la République et du futur gouvernement. » (communiqué FNSEA)