Enquête participative à Besançon
L’agglo de Besançon a organisé une série de débats publics sur l’habitat et les services de transport dans sa périphérie rurale.
Associer la population à la réalisation d’une enquête sur l’habitat et le transport, voilà l’objectif du Conseil de développement du Grand Besançon. Au printemps 2006, un manque cruel de données sur le sujet s’était révélé. Plutôt que de missionner un cabinet d’étude pour réaliser un sondage, les élus se sont emparés de la question. Dans un premier temps, une centaine d’habitants ont été interrogés, ainsi qu’un échantillon large des responsables de structures collectives. Puis, les conclusions intermédiaires ont été soumises à discussion lors d’un débat local.
Besançon présente la particularité d’être bordée de communes qui conservent un caractère rural très marqué. Cette tendance renforce l’opposition ville campagne et ne favorise pas une vie de village. Pour les ménages travaillant en ville, les transports et le manque de temps qui en résultent limitent leur participation à la vie locale. Pour les habitants « du cru », c’est le manque d’une volonté d’intégration des nouveaux arrivants qui est responsable du manque de sociabilité. Cependant, certaines communes semblent plus accueillante que d’autres, ou bénéficient d’une « convivialité naturelle », sans que la distance à la ville ne l’explique.
Le petit commerce de dépannage est demandé par une clientèle qui fait majoritairement ses courses dans les zones industrielles, tandis les « tournées » des commerçants sont appréciées des sédentaires ne possédant pas de voiture. La poste est unanimement réclamée lorsque les bureaux ferment les uns après les autres. Si le ramassage scolaire est bien organisé, il manque de possibilités pour les activités extra scolaires, ce qui décourage les jeunes ménages. Beaucoup de choses se passent à la ville et les transports ne suivent pas toujours : « pour habiter la campagne, il faut s’organiser ». Une organisation plus facile pour les ménages qui travaillent à la ville et profitent de leurs déplacements.
Avec le boom du logement, les prix se sont envolés. Le nombre de logement a presque été multiplié par deux dans le département du Doubs. La maison individuelle reste à 82 % le modèle préféré des aspirants à la tranquillité de la campagne. L’habitat en petit collectif de qualité commence à se développer et semble une solution d’avenir pour les personnes plus âgées, à moins qu’elles ne préfèrent se retirer dans un « pôle centre » (pôle rural qui bénéficie d’une prestation de services développée) ou revenir en ville.
Aurore Adibon, Transrural Initiatives n°317, 12 septembre 2006.