Avec douze essais détruits sur dix huit, la société européenne Biogemma a annoncé qu’elle ne poursuivrait pas ses essais sur les plantes génétiquement modifiées. La firme entend ainsi faire pression sur le gouvernement. Sur son prétendu laxisme d’abord : “ Les pouvoirs publics ne font rien du tout, cette année on se contente de prendre des photos alors qu’au début du mouvement des destructions, les champs étaient mieux protégés ”, regrette Alain Toppan, directeur de recherche de Biogemma [1]. “ Le manque de courage des politiques ” est également épinglé alors que le projet de loi sur l’encadrement de la mise en culture des OGMOrganisme Génétiquement Modifié est encore reporté.
Annoncé pour septembre, il pourrait bien être ajourné jusqu’aux prochaines élections. Le sujet est en effet épineux en période électorale alors que les Français sont majoritairement défavorables aux biotechnologies.
Vide juridique
Ce vide juridique autour de la mise en culture des OGMOrganisme Génétiquement Modifié inquiète cependant les anti-OGM. 5000 ha de cultures génétiquement modifiées à des fins commerciales étaient annoncés en début d’année. Aujourd’hui, certains parlent de 2000 ha, d’autres de quelques centaines.
Face à l’absence d’état des lieux disponible, Greenpeace recense sur son site les parcelles de maïs OGMOrganisme Génétiquement Modifié identifiées. L’organisation a été condamnée en juillet à supprimer les informations nommant explicitement les agriculteurs cultivant des OGM, sous prétexte qu’elle les expose à un “ danger imminent ” autrement dit, des faucheurs. Le juge du tribunal de Grande instance de Paris a en effet fait savoir qu’aucune disposition n’exige un système transparent d’information sur les mises en culture. Beaucoup espèrent trouver une telle disposition dans la prochaine loi, en accord avec les exigences européennes.
Le manque d’information au public a en revanche été un argument pour les tribunaux de Pau et de Strasbourg en faveur de l’annulation de deux autorisations d’essais de Monsanto accordé par le ministère de l’Agriculture.
En attendant d’y voir plus clair, les faucheurs brillent par leur efficacité. 40 % des essais OGMOrganisme Génétiquement Modifié autorisés en 2006 étaient détruits fin juillet.
[1] Agra presse Hebdo, 04/09/06.